C’est sous ce titre que l’Est Républicain du lundi 8 janvier 2007 traite des malheurs d’un commerçant retraité, qui a très peu de revenus, mais doit payer l’ISF.
Lui-même se compare aux “pauvres riches” de l’île de Ré, qui se sont enrichis en dormant grâce à la spéculation foncière et doivent payer aujourd’hui (un peu) d’ISF.
Je ne sais de ce retraité que ce que mon quotidien régional en dit, mais j’ai à partir de ce peu, beaucoup de commentaires à faire :
Marcel et son épouse ont accumulé beaucoup de capital au cours de leur vie professionnelle, ce qui suppose qu’ils ont eu les revenus pour cela et tant mieux pour eux. Ce qui plus surprenant, c’est qu’ils n’aient pas une retraite en rapport avec ces revenus.
Et il y a au moins une erreur à rectifier : la propriété achetée en 1975 pour une “bouchée de pain” valait une grosse miche : 150 000 francs de 1975 correspondent à 90 000 euros aujourd’hui. Le SMIC horaire était de 7,55 francs. Cette maison valait donc environ 20 000 heures de travail de Smicard, c’est-à-dire dix années !!!
Si on fait le point : une résidence principale achetée en viager (coup de chance, le vendeur meurt deux ou trois ans après), le propriété ci-dessus, un appartement Cap d’Agde, des assurances-vie, c’est pas mal !!
C’est la hausse rapide des prix de l’immobilier qui explique en partie la fortune nouvelle de Marcel. Cette hausse entraîne aussi la hausse des loyers, l’augmentation du nombre de mal logés ou de pas de logés du tout. Et je préfère réserver ma compassion à ces derniers.
La politique économique, budgétaire, fiscale actuelle favorise ceux qui thésaurisent le capital foncier et sont en partie responsables de la raréfaction de l’offre. Alors, si l’ISF contribue à remettre sur le marché des biens insuffisamment productifs, il sera un impôt moderne et efficace, et je ne comprends pas que les défenseurs sincères du libéralisme économique n’aient pas encore vu ce point.
A la Libération, il devait y avoir un régime unique de Sécurité sociale (maladie et retraites). Les organisations syndicales de commerçants, artisans, agriculteurs l’ont refusé et on préféré avoir des régimes spécifiques, avec cotisations minimales et retraites minimales. De plus, les cotisations étaient souvent calculées sur le revenu déclaré, pas toujours exact… Et l’impôt sur le revenu était en rapport.
Implicitement, chacun savait qu’il devait se constituer sa retraite personnelle en accumulant un capital (fonds de commerce, immeubles de rapport) avec l’argent qu’il ne versait pas en impôt sur le revenu et cotisations sociales. Aujourd’hui, l’ISF rattrape (un tout petit peu) ceux qui suivi cette voie.
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