Dans son grand spectacle (où était Johnny-le-suisse, il sent le fuel ?) d’investiture, Sarkozy a fait un grand numéro sur sa France à lui.
Le parti socialiste s’est offusqué des références à Jean Jaurès et Léon Blum. C’est vrai que pour la droite, les hommes politiques de gauche sont comme les indiens pour le général Custer : les seuls bons sont les morts. Et quand on connaît les tombereaux d’injures versés par les ancêtres de Sarkozy sur ces deux-là, il y a une certaine impudence à s’en réclamer aujourd’hui.
Nick Kärcher a aussi expliqué que sa France, c’était celle de Valmy et des croisades. Pour les croisades, c’est soit de l’inculture historique crasse, soit de la provocation.
Les Réacs-de-Gauche ont déjà relevé l’inculture de Sarko à propos du “Petit Parisien”, je vais vous infliger une leçon d’histoire sur les croisades.
Pour ceux que le sujet intéresse, je conseille un livre : “Les Croisades vues par les Arabes”, de l’écrivain libanais (chrétien) Amin Maalouf qui ne vous coûtera que 6 euros en édition de poche et un documentaire un peu déjanté et décalé (Terry Gilliam fut un des Monthy Python) , mais irréprochable historiquement qui a déjà été diffusé sur les chaînes thématiques. Ne le manquez pas s’il est rediffusé.
Les exactions des Turcs selkjoukides quand ils prirent Jérusalem ne furent qu’un prétexte, l’élément déclencheur fut l’appel à l’aide lancé par l’empereur byzantin Alexis, menacé par les Turcs qui étaient aux portes de Constantinople.
Il espérait des renforts militaires structurés, une vraie armée qu’il pourrait contrôler; Urbain II prêcha les croisades.
Du seul point de vue des intérêts de la papauté et de l’Église latine, c’était une idée de génie : détourner vers l’Orient l’ardeur militaire et l’agressivité de la société féodale, renforcer sa position par rapport à l’Église orthodoxe grecque.
Les premiers à partir furent les gueux, avec Pierre l’ermite et Gautier-sans-avoir. Pour se faire la main, ils massacrèrent les juifs dans la vallée du Rhin, se comportèrent mal en Hongrie (catholique) et certaines bandes furent massacrées par les Hongrois.
Les Turcs ne firent qu’une bouchée des survivants en Asie mineure.
Vinrent ensuite les chevaliers: la première croisade “officielle”, avec Godefroy de Bouillon. Il faut signaler deux faits d’armes: les croisés se livrèrent au cannibalisme à Maara en Syrie, ils massacrèrent (presque) tous les habitants de Jérusalem en 1099. A titre d’exemple, les juifs de Jérusalem se réfugièrent dans la synagogue, pensant que les croisés respecteraient le lieu. Effectivement, il n’y entrèrent pas, ils se contentèrent d’empiler du bois à l’extérieur et d’y mettre le feu.
Ces faits sont attestés non seulement par les historiens arabes, mais par les chroniques franques des croisades, qui les racontent simplement sans y voir malice.
C’est ce qui explique que les Arabes et les musulmans considèrent les Croisés de la même manière que les Français les Huns d’Attila.
On pourrait aussi parler de la quatrième croisade et du sac de Constantinople en 1204. Là, ce sont les orthodoxes qui en gardent un souvenir cuisant et une rancune tenace.
Bien de chez nous, la croisade contre les Albigeois employa les mêmes méthodes que les autres.
Alors ne confondons pas les croisades et Valmy : à Valmy, les Prussiens étaient les envahisseurs, comme les Croisés.

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