La France n’a pas inventé la “solution finale”, disent certains.
Ce qui est certain, c’est que les catégories mentales et intellectuelles qui l’ont rendue possible sont courantes, non seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe au début du XXème siècle.
Je viens de lire, un peu par hasard, un article paru dans un numéro de “l’Illustration” de janvier 1915 à propos de l’Autriche-Hongrie.
Cet article, comme les autres consacrés aux opérations militaires, est un bel exemple du “bourrage de crâne” de cette époque.
Mais l’analyse de la question nationale (ou des nationalités) dans l’empire des Habsbourg montre la confusion systématique entre “race” et culture, ou communauté de langue.
Ce n’est pas un cas particulier, pour la plupart des gens de cette époque, l’humanité est divisée en races, définies par des critères physiques comme pour les chiens ou les chevaux, et on essaie de faire coller “races” et langues.
Alors, cet article parle de races slave, germanique, magyare (”race spéciale venue d’Asie”), latine, elles même divisées en nationalités (les langues).
Maintenant, cela fait rire, car il n’y a pas plus de race germanique que de grammaire dolichocéphale, mais à l’époque, tout le monde y croyait, croyait aussi à l’inégalité entre les races, et le terreau était prêt pour le nazisme, en France comme ailleurs…
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