DIPLOMATIE
Kouchner réitère sur place le soutien de Paris au Liban
Le ministre se refuse à dialoguer avec les dirigeants syriens
Bernard Kouchner, le ministre français des affaires étrangères, s’est rendu à Beyrouth, jeudi 24 mai, pour témoigner de la solidarité de la France avec le Liban, quelques jours après les violents combats qui ont opposé l’armée libanaise à un groupuscule djihadiste, Fatah Al-Islam, à Tripoli et dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr Al-Bared, où il est implanté. Ces combats ont été accompagnés par des attentats à la bombe à Beyrouth et dans la montagne druse du Chouf. A la faveur d’une trêve autour de Nahr Al-Bared, des milliers de Palestiniens réfugiés au Liban (dont certains depuis 1948) ont quitté les lieux pour se replier provisoirement dans le camp voisin de Baddaoui.
A Beyrouth, M. Kouchner a assuré que la politique française vis-à-vis du pays du Cèdre ne changerait pas avec l’arrivée à la présidence de la République de Nicolas Sarkozy. Le prédécesseur de celui-ci, Jacques Chirac, s’était beaucoup impliqué dans le dossier libanais après l’assassinat de l’ancien premier ministre, Rafic Hariri, dont il était proche.
Cet engagement avait conduit notamment le président français à se rapprocher des Etats-Unis et à couper les ponts avec le régime de Bachar Al-Assad. La Syrie est en effet suspectée par la majorité parlementaire libanaise d’avoir fomenté cet assassinat, ce qu’elle a toujours nié. M. Kouchner a affirmé vendredi sur Europe 1 que la France veut privilégier le dialogue avec ” les personnalités et les représentants de groupes qui sont en faveur de l’unité du Liban, de son autonomie et de son intégrité territoriale “. ” Cela veut dire très clairement, a-t-il poursuivi, que nous n’avons pas à parler avec les dirigeants syriens. “
(Le Monde Une du 26 mai 2007)
Ce n’est même plus une décision contestable, prise au nom de motifs avec lesquels on n’est pas d’accord. C’est la transposition de la cour de récréation à la politique internationale de la maxime : “T’es un méchant, j’te cause plus !! Na !”
Admettons que les Syriens soient des méchants (plus ou moins que les Birmans, c’est une bonne question) tout ministre des affaires étrangères de tout pays doit savoir :
qu’une partie de l’opinion publique libanaise, chrétiens y compris, est favorable, à des degrés divers, à la Syrie.
que cette dernière a les moyens de déstabiliser le Liban, et qu’elle l’a déjà fait.
qu’il n’y aura pas de paix au Proche-Orient, sans y associer la Syrie.
Même si on déteste le régime syrien, on ne peut pas faire l’impasse sur lui. Le dialogue n’est pas la complaisance.
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