Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog du vieux singe

Fonctionnaires: les Français plus intelligents qu’André Santini

15 Août 2007 , Rédigé par Michel Servet Publié dans #Politique française, #Sarkozy et les siens

Fonctionnaires: les Français plus intelligents qu’André Santini
Publicité

Santini : “Il n’est pas normal que 24 % de la population active soit fonctionnaire”
LEMONDE.FR | 14.08.07

© Le Monde.fr

Quelques rappels à Monsieur Santini, qui passait pour un esprit d’une grande finesse avant qu’il ne lâche Bayrou pour Sarkozy.

Il y a trois fonctions publiques: d’État, territoriale et hospitalière.

Les effectifs de celle d’État sont stables ou en baisse, les collectivités locales recrutent, parait-il souvent pour suppléer aux carences de l’État, et chacun sait qu’on manque de personnels dans les hôpitaux.

La question qui doit être posée est triple :

1. Ce que font les fonctionnaires est-il socialement nécessaire, utile ?

2. Cette utilité est-elle individuelle, et dans ce cas il vaut mieux que ce soit le bénéficiaire consommateur qui paye ce dont il a besoin, ou bien ce besoin ne peut être satisfait que de manière collective ? Si oui, cela suppose que cette satisfaction soit organisée par la puissance publique.

3. Si oui, vaut-il mieux que cela soit assuré par des personnes soumises à un statut “fonctionnaire”, ou confié à des sociétés privées employant des personnels de droit privé.

Quand on aura fait ce travail, on répondra à la première question qu’il y certainement des doublons dans l’organisation des administrations, des empilements et confusions de compétences entre les collectivité territoriales, quelques services administratifs où les gens créent leur propre travail, mais beaucoup moins que ne l’affirment les dénigreurs professionnels de la fonction publique, et qu’il y a aussi des tas de besoins qui ne sont pas couverts.

Je citerai deux exemples, et il y en a d’autres :

la protection du consommateur

la dépendance des personnes âgées.

Plus une société se developpe, dès lors que les besoins vitaux (nourriture, logement, habillement) sont couverts, les besoins nouveaux sont souvent des besoins collectifs (santé, éducation) et on aborde le point deux.

Prenons l’exemple du permis de conduire, dont la possession est indispensable aujourd’hui. Sauf pour les élèves de l’enseignement technique spécialisé, la formation est intégralement privée et chère. En Lorraine, des dizaines de candidats ont été piégés par la faillite d’auto-écoles.

On pourrait donc légitimement se demander pourquoi cette formation, ou au moins l’enseignement du code et l’examen, ne serait pas assurée par un service public.

Point trois : des fonctionnaires ou des salariés d’entreprises sous-traitantes ?

Deux sujets : si des missions régaliennes ou qui nécessitent une impartialité totale sont confiées à des entreprises privées qui ont par ailleurs légitimement leurs propres intérêts, il y des risques. Si la boite qui analyse et certifie la qualité de l’eau que je bois est une fililale de celle qui me la vend, je n’ai pas confiance.

L’entreprise privée recherche le profit, c’est normal, et confier des travaux à des sous-traitants suppose que l’on soit en mesure de contrôler la qualification des personnels (et donc leur stabilité, leur formation, etc..), qu’on developpe des techniques de contrôle et de recours juridiques que les administrations françaises ignorent complétement, et qui ont un coût.

La sous-traitance n’est donc pas forcément plus efficace, ni moins chère, une fois qu’on a totalisé tous les coûts.

Quant aux Français, s’ils déçoivent M. Santini en ne partageant pas le culte du “moins de fonctionnaires”, c’est parce qu’ils ont compris que cela signifiait moins d’enseignants, et des classes plus chargées, moins d’infirmières et donc des soins moins bons, etc.. Ce qui ne les empêche pas de critiquer tel ou tel comportement.

Et les jeunes, c’est tout simplement parce que la fonction publique offre des métiers qualifiés et des emplois stables. Peut-on reprocher à quelqu’un de songer à son avenir et de ne pas se contenter de petits boulots ?

Partager cet article

Commenter cet article