Le titre est un peu racoleur, et la conclusion du livre plus nuancée. C’est une réédition, mise à jour en août 2007.
Les deux auteurs écrivent dans des journaux dont le sérieux est reconnu. Ils donnent une multitude d’informations, certaines surprenantes.
On sait plus ou moins que le Maroc est gangrené par la misère et la corruption. Les partis politiques traditionnels, l’Istiqlal (ce fut un parti populaire et conservateur, artisan de l’indépendance, une sorte de parti gaulliste à la marocaine), l’USFP (le PS local) sont discrédités.
Le Maroc a donc deux partis islamistes, l’un officiel, en cours de normalisation, le Parti de la Justice et du Développement, qui joue le jeu électoral, et devrait normalement gagner les élections; et un autre, semi-clandestin “Justice et Bienfaisance”, dirigé par un cheikh charismatique, Yassine (simple homonyme du chef du Hamas) et dont une des porte-paroles et responsable des sections féminines, est sa fille Nadia, redoutable communicante. C’est elle qui a osé se prononcer pour le régime républicain, scandale au Maroc !!
Ces deux mouvements réussissent parce qu’ils quadrillent la société civile, animent des réseaux de bienfaisance, sont là où l’État n’est pas.
Et comme leurs dirigeants ne traînent pas de gamelles, ils sont populaires.
Quelques notes de lecture :
Justice et bienfaisance : des militantes universitaires avaient trop milité et loupé leurs examens. Création du slogan : “On ne veut pas de quelqu’un qui ne réussit pas dans ses études”, et interdiction de militer pour les redoublantes !! (page 62)
Le PJD : Ses comptes sont audités chaque année, ses congrès se tiennent à intervalles réguliers, et les mandants de ses dirigeants sont limités dans le temps. Une exception.. (page 88)
Question moeurs, le PJD légal est plus rigoriste que “Justice et bienfaisance” (page 90)
On connait la Françafrique, de Foccart à “papamadi”, mais il s’agit de l’Afrique noire.
Le même genre de connexions existe avec le Maroc, notamment avec les dirigeants du Nouvel’Obs (page 97).
Assez elliptiques, les auteurs expliquent que certains résidents étrangers bénéficient de privilèges fiscaux, des gens du Golfe, et des Français, dont un écrivain et un industriel. (page 100)
Sont-ce des propriétaires de villas à Marrakech ?
Les séjours gratuits à la Mammounia, le luxueux hôtel de Marrakech propriété du Palais expliquent aussi bien des articles complaisants. Il faut lire l’histoire de la montre en or offerte par Hassan II à Jean Daniel (page 177).
Réseaux marocains et français pillent le pays de connivence (appels d’offre truqués, etc..). Mais maintenant, le Maroc n’est plus une chasse gardée française : Espagnols et Américains avancent leurs pions. Comme dans d’autres pays, les USA se servent d’ONG à but humanitaires comme relais (page 197) et ils soutiennent comme ailleurs les “barbus modérés” (page 199).
Et bien entendu, l’argent du Golfe coule à flots, y compris pour financer l’islam le plus rétrograde.
Conclusion des auteurs : si la situation n’est pas redressée rapidement, le Maroc n’aura plus le choix qu’entre une victoire des islamistes ou une dictature militaire.
Livre à lire par tous ceux qui aiment le Maroc.
Comme il faut être honnête, je cite aussi :
Le site officiel du gouvernement marocain.
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