Il y a plusieurs quotidiens en langue française au Maroc :
L’Opinion, du parti de l’Istiqlal (droite nationaliste)
et Le Matin (du Sahara et du Maghreb), proche du Palais.
La presse marocaine n’a pas le droit de critiquer le Roi, mais le Matin sait flatter comme nos journalistes français ne savent pas encore flatter notre omniprésident.
Mais ils pourraient utilement s’inspirer de cet article.
Que les choses soient claires : je ne critique ni le Maroc, ni son roi, ni les Marocains, mais simplement les journalistes qui en font trop, ici comme là-bas.
Editorial du 13 novembre 2007
La mobilité tonifiante d’un Roi
Entre deux chantiers, accouru dans un défi au temps, S.M. le Roi Mohammed VI avait regagné Casablanca immédiatement après que l’annonce eût été faite que le Roi Juan Carlos d’Espagne allait se rendre les 5 et 6 novembre à Sebta et Mellilia. Les premiers jours du mois de novembre, alors que S.M. Mohammed Vl, fidèle à lui-même, était mobilisé dans la province d’El Jadida et lançait une série de projets de développement à Azemmour, voilà qu’une frénétique actualité allait l’interpeller : elle tenait; celle-là, à l’intangible principe de l’intégrité territoriale du pays et, ce faisant, de la dignité des Marocains froissée qu’il lui fallait - mission royale aidant - rétablir et rehausser. Le Souverain, son tempérament en témoigne à l’évidence, n’a pas hésité une seule seconde. il a reporté la mission d’El Jadida à quelques jours plus tard et s’est rendu à Casablanca. Coup sur coup, il a présidé mardi 6 novembre - le jour même de la célébration du 32ème anniversaire de la Marche Verte- un Conseil de ministres, rendu publique sa prise de position personnelle sur la visite du Roi d’Espagne dans les deux villes occupées et, dans la foulée, prononcé le soir un grand discours, dont la tonalité saharienne n’a pas pour autant éclipsé l’autre dimension - une réforme majeure en effet -, consistant à détailler le processus de création du Conseil supérieur de l’émigration.
La prise sur l’événement, fût-il gravissime, chez S.M. le Roi ne l’empêche pas d’oeuvrer dans le sens du perspectivisme, ni de resurgir simultanément sur d’autres champs d’action.
Le rythme et l’intensité sont ici les deux versants d’une action menée contre la montre. C’est l’image polymorphique qui nous est renvoyée depuis huit ans maintenant, elle est devenue l’une des caractéristiques essentielles du règne de SM. Mohammed VI : la mobilité articulée sur un fil d’Ariane appelé réforme, changement, Innovation, refondation, mise à niveau. Quel recoin de ce vaste territoire contrasté qu’est le Maroc n’a pas reçu la visite de SM. le Roi, dût-Il se soumettre - ce fut le cas de la province d’Al Hoceïma en 2003 et 2004 -aux rigueurs hivernales ? Quelle population n’a-t-il pas honorée dans ses multiples bains de foule, ses échappées hors cordon sécuritaire, en venant la saluer avec une chaleur, une sincérité accentuée et cette présence humaine qui a vite fait de nous happer ? La mobilité royale est aujourd’hui un trait saillant, le frontispice de la nouvelle gouvernance dont on prend l’exacte mesure et la portée réelle à l’aune des innombrables réalisations et des projets auxquels le cumul continu et incessant n’ôte nullement la singularité et qui touchent aux institutions, aux rouages économiques, à l’organisation de la vie urbaine ou rurale, au bien-être des populations longtemps marginalisées et recluses dans une logique mortifère de renoncement, mais qui sont à présent appréciées à leur juste valeur, rendues à leur dignité.
S’il est un chef d’Etat qui a bel et bien inventé « l’ubiquité », « ici, maintenant», une «ubiquité royale», cette présence marquante et synchronique, c’est S.M. Mohammed VI dont on ne compte plus les kilomètres parcourus en long et en large à travers le Maroc, sous des cieux et des ciels chaque fois nouveaux. Le Souverain est mobilisé sur des fronts géographiques et sociaux différents, il a fait des chassés-croisés une véritable méthode de travail, constamment à pied-d’oeuvre, traçant les sillons en tous les domaines dans une oeuvre où le souci affiché n’est pas tant de désenclaver ici de simples bourgades de Beni M’Thar à Oujda ou à Bouizakaren, de donner là l’espoir et le goût de vivre à de simples et petites gens que de forcer, de briser ce noeud gordien de l’indifférence où, longtemps et insidieusement, les a tenus un centralisme excessif et les a relégués aussi l’Etat Léviathan…Il n’est pas de mot plus approprié, juste, en effet, parce que simple en même temps, que la « proximité », horizon indépassable que le Roi, avant qu’il n’ait fait florès, a inventé au quotidien. Elie est au coeur du dispositif d’action mais aussi d’une philosophie humaniste qui se passe de mots savants parce qu’elle est mise en application tous les jours avec la même ardeur et le même courage jamais entamé. Son inventaires pour ne pas avoir le dresser, tant il est grand et infini, tient à une intervention quotidienne, menée terre-à-terre, au ras des pâquerettes sur les sols de la fragilité sociale humaine. Or la proximité, qui n’a jamais été ici une clause de style ou un fétiche, se décline sur des projets différents, grands et petits, diversifiés aussi parce qu’ils relèvent du social, de l’économique, de l’infrastructurel, du religieux, de l’institutionnel, du sécuritaire, bref, d’un enchevêtrement multidimensionnel que le regard d’un homme, toute force qu’il a, ne peut embrasser.
En moins de six ans, le Maroc est d’ores et déjà entré de plain-pied dans cette modernité exigeante que conforte une démocratie institutionnelle affirmée et un développement ambitieux, où les autoroutes zébrées et croisées, les chemins de fer renouvelés, l’open sky instauré, un immense élan d’inventivité et de créativité lancé, les poches de pauvreté combattues avec acharnement, loin d’être de simples symboles sont a contrario les signes d’une interactivité que le Souverain maintient comme le propulseur la dynamique. Le temps et l’espace, ces temporalités opposées de prime abord sont ici au rendez-vous, Sa Majesté le Roi les parcourt avec une aisance à nulle autre pareille, il les maîtrise et les dompte parce que le temps court, cette notion d’éternité le hante et parce que sa vision de bâtisseur pressé ne saurait s’accommoder ni de quelque lenteur ni des atermoiements contingents, qui freineraient en l’occurrence la course du progrès et donc cette marche irréductible du Maroc. Safi aujourd’hui, Fès demain, Nador encore Ici et M’Hamid ou Tagounlte là… A cheval sur les «territoires», un calendrier chargé et un agenda serré, sacrifiant jusqu’à ses dimanches, voyant probablement ses enfants et sa famille au détour entre deux manifestations, le coeur constamment à l’ouvrage comme nul autre, voilà le Roi de toutes et de tous, l’éclaireur de tous les instants. Il n’a pas de secret, sinon celui du travail ininterrompu, de la tâche assumée avec une constance à toute épreuve, le Roi à la mobilité tonifiante et mobilisatrice, qui force l’horloge et les aiguilles de cet imperturbable cadran solaire qu’est le temps. Cette mobilité n’est pas d’un interstice ou d’un moment, elle est de toujours…
LE MATIN
Commenter cet article