http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=79997
Je ne la connaissais pas et j’avais jusqu’alors un a priori favorable sur Gordon Brown, qui semblait vouloir laisser à Nicolas Sarkozy le rôle de caniche de Georges Bush tenu par Tony Blair.
Courrier international m’apprend que Gordon Brown est un disciple de cette dame, dont les opinions sont très nettes :
Au fil des années, l’historienne a recentré ses intérêts sur le présent : elle a rédigé des articles d’opinion pour The New York Times, a critiqué les réformes du cursus universitaire, la mise en place de quotas de discrimination positive et le féminisme radical. Elle estime que, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le monde est passé du “relativisme au nihilisme, de l’amoralité à l’immoralité, de l’irrationalité à la folie, de la déviance sexuelle à la perversité sous toutes ses formes”.
C’est cette moralité sans complexe qui a séduit Gordon Brown. C’est ce que Getrude Himmelfarb a à offrir. Certains critiquent sa vision naïve ou biaisée du monde, qui ne tient pas compte de questions telles que l’esclavage ou le racisme.
Mais c’est une femme qui possède une “boussole morale”. Son dernier ouvrage – considéré par le Premier ministre britannique comme “le plus important des dernières années” – critique le siècle des Lumières en France et le décrit comme une période de fascination pour la raison, une fascination enragée, aveugle, absolutiste et anticléricale.
Et comme les chiens ne font pas de chats :
Bien que les Kristol (elle et son mari Irving Kristol) n’aient jamais fait d’efforts particuliers pour donner à leurs enfants une éducation politique, “[ceux-ci] ont appris en rencontrant les personnes qui nous visitaient, en écoutant nos conversations”, se rappelle Irving Kristol. Leur fils William est rédacteur en chef du très à droite Weekly Standard, appartenant à Rupert Murdoch, et président du think tank néoconservateur Project for the New American Century.
Gordon Brown “leader de la gauche britannique” disciple des néo-cons, cela fait peur et en dit long sur l’état de délabrement intellectuel de la gauche européenne.
Mais il reste encore quelques personnes qui n’ont pas encore perdu le Nord :
Démoniser l’expérience révolutionnaire russe jusqu’à en faire la cause explicative de la violence nazie, comme l’a tenté Ernst Nolte, ou analyser la terreur infligée par Staline au monde paysan sans tenir compte du rôle joué dans les famines par l’encerclement de 1’URSS (qui ne justifie évidemment pas pour autant les crimes staliniens), comme le fait le préfacier du Livre noir du communisme tout cela, autant que le « révisionnisme » sur les apports de la Révolution française, relève de la poursuite sous des habits neufs d’un vieux combat intellectuel et idéologique, celui des traditionalistes moralistes, si « modernes » qu’ils se disent aujourd’hui. Ce combat semble trouver son inspiration dans l’essentialisme, cette modalité de représentation de l’Autre et du différent aux origines aussi bien de certaines formes de racisme que de l’engouement pour le thème de la guerre des civilisations. On n’hésitait pas autrefois à désigner ce courant par la dénomination de « droite », attachée à l’ordre et à la stabilité à tout prix, refusant de prendre acte que la Terre tourne et que les sociétés changent…
[1] Stéphane Courtois
L’auteur de cette remarque n’est ni BHL, ni aucun des “nouveaux” “philosophes” qui encombrent nos medias hexagonaux, il est libanais, historien, économiste, ancien ministre et j’ai déjà dit le bien que je pensais d’un de ses livres, c’est Georges Corm .
Je reviendrai sur sur son dernier livre : La question religieuse au XXIème siècle, dont je viens de citer un extrait (page 128).
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