Robert Redeker a encore frappé !!
On connaissait le contempteur de l’islam, non pas au nom de la laïcité, comme certains ont fait semblant de le croire, mais au nom d’autres religions.
On connaissait moins le contempteur de la démocratie, qu’il fallait aimer modérément.
C’est grâce à lui qu’on avait découvert que l’interdiction du string à Paris-Plage était due à la pression des islamistes.. Bertrand Delanoé disciple de Ben Laden, il fallait oser !!
Le Monde du 1er novembre lui donne la parole à propos de la Toussaint. C’est à nouveau un florilège !!
Commençons par rappeler que la Toussaint chrétienne n’est pas la fête des morts, c’est la fête de tous les élus, tous les saints, ceux du calendrier, les anonymes, etc..
La fête des morts, c’est le deux novembre ! Certes, les gens visitent les cimetières le 1er, car c’est le jour férié, contrairement au 2, mais un grand spécialiste des choses de la religion comme Robert Redeker devrait le savoir et le signaler.
Le texte de RR est en bleu, mes commentaires y sont insérés.
Il n’est pas dit que nos arrière-petits-neveux prendront, comme nous, le chemin du cimetière à chaque Toussaint.
Pourquoi les neveux et pas les enfants ? Quel subconscient se cache derrière ce terme ? Et Redeker pas même capable de se souvenir que la procréation est la première façon d’échapper à la mort.
L’évolution des biotechnologies pourrait mettre la mort en danger.
Pas sûr que les biologistes soient d’accord.
Très bientôt l’espérance de vie aura doublé par rapport à ce qu’elle était au début du XXe siècle.
Notamment à cause de la baisse de la mortalité infantile. Donc rien à voir avec ce qui suit. Est-ce vrai aussi partout dans le monde ?
La possibilité d’une existence humaine indéfiniment prolongée se dessine à l’horizon. En s’appuyant sur les promesses des cellules souches, sur la régénération, sur la cryonie et sur les transplantations d’organes, certains envisagent même, à terme, la mort de la mort. Faut-il s’en réjouir ?
En admettant que tout cela soit possible, ce qui est loin d’être démontré, cela ne concernerait, vu le coût de ces technologies, qu’une toute petite minorité de privilégiés. Si les ressources notamment énergétiques de la planète sont utilisées pour maintenir en vie quelques personnes, la première revendication révolutionnaire sera l’égalité devant la mort, notamment en “débranchant” les cryogénisés.
Dans quel monde vivons-nous ?
Le monde de Robert Redeker n’est pas celui des réfugiés de l’Ituri, des enfants-esclaves ou soldats, des migrants qui se noient en voulant atteindre l’Europe, etc.. Un philosophe doit réfléchir sur l’universel et non pas sur son nombril.
Celui des crèmes anti-âge, du Viagra, des pilules minceurs pour femmes ménopausées, des cosmétiques pour hommes grisonnants ! Celui où le rayon yaourts des supermarchés ressemble à une pharmacie ? Celui de l’espérance de vie ne cessant de s’étirer ? Celui d’une extraordinaire nouveauté : l’enfant contemporain,
Vraiment tous, partout dans le monde ? Quant aux maquillages, masculins ou féminins, ils sont millénaires, comme la recherche de la séduction..
comme l’observe le sociologue Paul Yonnet, est élevé comme un immortel, dans l’ignorance de la mortalité. Ces symptômes sociaux traduisent l’emprise croissante d’une bio-utopie : celle de la vie n’évoluant ni vers le vieillissement ni vers la mort. L’homme contemporain a perdu un peu de son âme en n’affrontant plus la mort. Son esprit est déjà celui du temps où la mort n’existera plus.
La régénération, qui commence avec les cosmétiques, mais dont l’aboutissement s’accomplit dans l’effacement de la mort, est l’ennemie de la génération, de la jeunesse du monde. Nietzsche craignait de voir se multiplier des “générations d’enfants aux cheveux gris”. C’est l’inverse, tout aussi effrayant, qui se produit, dessinant les linéaments de notre futur : des générations de vieillards à visages et corps juvéniles.
Qu’il aille dans un établissement où l’on accueille des victimes de la maladie d’Alzheimer et on en reparlera.
La vieillesse est ainsi en train de phagocyter la jeunesse. Combien de femmes quinquas redeviennent des poupées Barbie ? Combien de grands-pères travaillent leur apparence pour conserver un look de trentenaires ? Pourtant, si la bio-utopie immortaliste se réalise, le résultat sera bien plus radical : la vieillesse aura fait disparaître la jeunesse. Le signe distinctif de la jeunesse : l’avenir. Le signe distinctif de la vieillesse : le passé. Or la particularité des vieillards aux visages juvéniles qui peupleront la Terre une fois que la mort aura disparu s’exprimera ainsi : n’avoir ni passé (du fait de la régénération) ni avenir (du fait de la disparition de la mort).
Quel beau sophisme ! En supposant même que les hommes puissent vivre très longtemps, même indéfiniment, pourquoi n’auraient-ils ni passé (des souvenirs), ni avenir (des projets).
FANATISME SANITARISTE
Un humain ignorant de la mort, est-ce encore un homme ? Il ne connaîtra pas le temps. Sans le surplomb de la mort, l’avancée de la rouille, la morsure de la précarité de l’existence, le temps n’est plus sensible, il n’est plus que chiffre. Or, comme la sensation du temps qui passe fabrique l’étoffe de notre vie intérieure, l’humain ignorant de la mort court le risque de n’être qu’une machine vivante sans âme, désanimée. La philosophie
(laquelle ?? la philosophie est multiple, comme les opinions des philosophes )
nous l’enseigne : l’homme est l’être-pour-la-mort, le vivant tire son être de son rapport à la mort.
La fin de la mort entraîne une conséquence politique, déjà à l’oeuvre : la biologisation de la vie collective par l’évaporation des frontières entre vie sociale et vie biologique. Pourquoi ? Parce que la vie, dans sa dimension purement zoologique, sera devenue plus que la seule valeur : le seul absolu. La vie aura vidé le ciel de toutes les valeurs exigeant le sacrifice de l’existence : la patrie, l’idéal politique, autrui, la justice, le Bien.
Le fanatisme sanitariste (chasse au tabac, aux aliments gras, à l’obésité, à l’alcool, etc.)
Qu’il aille dans un hôpital, voir des alcooliques, des diabétiques devenus aveugles, des fumeurs qui étouffent.
qui secoue la société actuelle exprime l’effacement de cette frontière. Il exprime aussi la montée en puissance de la vie au détriment de tout ce qui vaut. Si cette tendance venait à envahir tout l’espace public, le but de l’existence collective se réduirait à un programme des plus vides : améliorer, perfectionner, et prolonger la vie. La politique se limiterait à gérer la vie biologique (la santé) des individus.
Le recueillement de la Toussaint - dernier avatar de ce culte des morts dont chacun sait qu’il est signe d’humanité - nous rappelle que pour rester des hommes nous devons protéger la mort autant que la vie, assumer le défi de notre mortalité. La disparition de la mort serait en effet la vraie mort de l’homme.
Robert Redeker est philosophe.
N’y avait-il personne d’autre pour traiter ce sujet ?? Pauvre philosophie !!
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