Religions

Mercredi 30 septembre 2009

L’article est court : trois pages, photos comprises.

Les analyses exposées sont celles de Dounia Bouzar, Faïza Alami et Leïla Babès, qu’on peut ne pas partager intégralement.

Mais cet article a plusieurs mérites :

Il ne confond pas, que ce soit dans la description ou dans les conséquences sociales, foulard (ou hijab) et voile intégral.

La journaliste a cherché à savoir ce que pensaient les femmes qui portent le voile intégral, en a rencontré une et lui donne la parole. Ce qu’on appelle une enquête de terrain. Laisser parler les gens au lieu de parler à leur place.

Elle s’appelle Marie Dorigny et c’est dans “Femme Actuelle”.

Par Michel Servet
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Samedi 11 avril 2009

Site dédié signalé par Shlomo Sand (en anglais)

http://www.khazaria.com/

Par Michel Servet
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Vendredi 26 décembre 2008

Elle n’est pas neuve, mais malheureusement toujours d’actualité.

Découverte ou révision ?

Récemment une célèbre animatrice radio états-unienne fit remarquer que l’homosexualité est une perversion. “C’est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chapitre 18, verset 22 : “Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination”.
La Bible le dit. Un point c’est tout”, affirma-t-elle.

Quelques jours plus tard, un auditeur lui adressa une lettre ouverte qui disait:

“Merci de mettre autant de ferveur à éduquer les gens à la Loi de Dieu.
J’apprends beaucoup à l’écoute de votre programme et j’essaie d’en faire profiter tout le monde. Mais j’aurais besoin de conseils quant à d’autres lois bibliques.

Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c’est indiqué dans le livre de l’Exode, chapitre 21, verset 7. A votre avis, quel serait le meilleur prix ?

Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu’ils soient achetés dans des nations voisines. Un ami affirme que ceci est applicable aux mexicains, mais pas aux canadiens. Pourriez-vous m’éclairer sur ce point ?
Pourquoi est-ce que je ne peux pas posséder des esclaves canadiens ?

J’ai un voisin qui tient à travailler le samedi. L’Exode, chapitre 35, verset 2, dit clairement qu’il doit être condamné à mort. Je suis obligé de le tuer moi-même ? Pourriez-vous me soulager de cette question gênante qu’une quelconque manière ?

Autre chose : le Lévitique, chapitre 21, verset 18, dit qu’on ne peut pas s’approcher de l’autel de Dieu si on a des problèmes de vue. J’ai besoin de lunettes pour lire. Mon acuité visuelle doit-elle être de 100% ?
Serait-il possible de revoir cette exigence à la baisse ?

Un dernier conseil. Mon oncle ne respecte pas ce que dit le Lévitique, chapitre 19, verset 19, en plantant deux types de culture différents dans le même champ, de même que sa femme qui porte des vêtements faits de différents tissus, coton et polyester. De plus, il passe ses journées à médire et à blasphémer. Est-il nécessaire d’aller jusqu’au bout de la procédure embarrassante de réunir tous les habitants du village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le prescrit le Lévitique, chapitre 24, verset 10 à 16 ?

On ne pourrait pas plutôt les brûler vifs au cours d’une simple réunion familiale privée, comme ça se fait avec ceux qui dorment avec des parents proches, tel qu’il est indiqué dans le livre sacré, chapitre 20, verset 14?
Je me confie pleinement à votre aide.

Par Michel Servet
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Dimanche 30 novembre 2008

Repères pour une transmission du fait religieux

( sous la direction de Jean-Christophe Attias et Esther Benbassa) Fayard,2007


Ce livre imposant, à la fois pédagogique et érudit, est le fruit d’une aventure collective : une équipe d’une vingtaine de spécialistes - sociologues, historiens, théologiens, anthropologues - croyants ou athées , pratiquants ou non - ont travaillé sous la direction d’Esther Benbassa et de Jean-Christophe Attias, tous deux chercheurs en sciences religieuses à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes . L’ouvrage, divisé en grands chapitres par religion, fait la part belle aux trois grandes religions monothéistes : judaïsme, christianisme, et islam, sans faire l’impasse sur les religions d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine, les sectes, les nouvelles religions, l’histoire de la laïcité et le processus de sécularisation. Les religions y sont abordées dans leurs différents aspects ( historique, social, culturel ) et dans leur évolution chronologique – une approche distanciée qui n’élude pas cependant les sujets sensibles , qui font débat dans notre société .


Son objectif ? On pourrait douter de l’intérêt qu’il y a à enseigner le fait religieux dans notre société de plus en plus sécularisée. L’ouvrage a comme première ambition de donner, à travers l’étude du fait religieux, des repères, des éléments de compréhension pour faciliter l’accès de chacun à notre patrimoine culturel . Régis Debray après le 11 Septembre avait déjà constaté une déperdition de la culture religieuse  : notre quotidien, la littérature, la peinture, l’architecture sont imprégnés de références religieuses, qu’il importe de connaître.

Il n’est pas question ici de proposer une sorte de catéchisme laïque , ni de créer une discipline spécifique d’histoire religieuse, qu’elle soit laïque ou confessionnelle, mais d’appréhender le fait religieux comme phénomène culturel , démarche nécessaire pour celui qui ne veut pas tomber dans le piège idéologique du «  choc des civilisations ». Selon les auteurs, une meilleure connaissance du fait religieux pourrait aussi aider à  transgresser certaines des « frontières imaginaires et étanches » que certains se plaisent à ériger entre laïcité et religion  :enseigner le fait religieux permettrait d’échapper aux clichés simplificateurs qui nourrissent l’incompréhension et les fantasmes . C’est donc pour les auteurs du livre une certaine forme de militantisme, un moyen en quelque sorte de lutter contre une certaine forme d’intolérance laïque ou religieuse voire même contre les crispations identitaires. Véritable outil de clarification il vise à faire émerger, par la reconnaissance de valeurs communes, les conditions d’un «  vivre - ensemble » dans une société multiculturelle.

Un ouvrage de référence, d’une grande clarté et accessible à tous. L’approche du fait religieux se veut dépassionné. ll ne manquera pas d’intéresser enseignants, élèves, militants, croyants ou non croyants , les gens en quête de repères mais aussi tous ceux qui cherchent à créer des passerelles entre les différentes cultures et à pratiquer une laïcité d’intelligence dans un paysage politico-religieux en pleine recomposition .



Merci à Colette

Par Michel Servet
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Samedi 22 novembre 2008

Ce livre fait du bien:

Enfin un auteur qui donne ses (nombreuses) références, afin que chacun puisse juger sur pièces.

Enfin un auteur qui n’oublie pas que les enjeux économiques existent.

Enfin un auteur qui n’écrit pas que tout est de la faute à Voltaire et Rousseau.

Enfin un auteur qui ne confond pas sa droite et sa gauche.

Je n’ai pas encore tout lu, il faut que je relise et prenne des notes pour vous en faire profiter.

Mais je vous conseille dès maintenant de lire et faire lire ce livre, même si sur tel ou tel point, on peut ne pas être d’accord.


Page 4 de couverture :

Depuis la fin du xxe siècle, la géopolitique mondiale, nous répète-t-on, serait traversée par le « retour du religieux», devenu la principale clé de compréhension du monde. C’est à ce credo que s’attaque Georges Corm dans ce livre stimulant. Il y analyse les ressorts philosophiques et politiques de cette représentation du monde, issue de la pensée antirévolutionnaire postmoderne, qui nourrit notamment l’action des néoconservateurs américains.L’irruption du religieux dans le champ politique ne s’explique pas par une résurrection des identités religieuses que les Lumières auraient gommées. Prolongeant les analyses de Hannah Arendt, l’auteur décrit la crise de légitimité des vieilles démocraties, minées par les effets de la globalisation économique et financière. Une crise qui affecte aussi les trois monothéismes, juif, chrétien et musulman, et contribue à produire les extrémismes religieux.

Pour Georges Corm, enfin, l’archéologie des violences modernes n’est pas à rechercher dans la Révolution française et la « Terreur », mais bien plutôt dans l’Inquisition et le long siècle des guerres de religion en Europe. C’est donc moins à un « retour du religieux » que l’on assiste qu’à un recours au religieux au service d’intérêts économiques et politiques fort profanes.

 « L’historien Georges Corm nous offre une magistrale réflexion sur la question religieuse. I…] C’est le propre des bons livres que de donner l’impression au lecteur de traiter l’actualité la plus brûlante. Mais c’est la qualité des livres importants que de cumuler cet avan­tage avec celui d’échapper aux mouvements illusoires du quotidien pour nous parler de toute une époque. »

POLITIS

Plan de l’ouvrage :

Introduction. - Comment le « phénomène religieux »s’est emparé des préoccupations du monde

Il y a trente ans seulement, un monde sans Dieu

Identités, racines, mémoires les nouveaux décors du monde 

Fin du politique ou mainmise du politique  sur le religieux?

Néoconservatisme et retour du religieux

1          Genèse du malaise identitaire

Remise en cause de la Révolution française

Retour ou recours à la religion dans le monde de la globalisation?

Racisme, essentialisme et colonialisme: une trilogie perverse

Le déclin des nationalismes européens et la naissance du besoin de « racines »

2.            L’avènement de la nation et les mutations des systèmes de formation de l’identité

De la nation « provinciale » à la nation souveraine et mystique

L’organisation de l’identité: du culte des ancêtres  au nationalisme moderne
L’importance des lieux de la mémoire religieuse

Le rôle ambivalent du monothéisme dans la formation de l’Occident

Colonialisme et instrumentalisation des « minorités nationales » au Proche-Orient

La circulation du nationalisme européen hors d’Europe

Du colonialisme à la guerre froide: l’instrumentalisation de la religion

La mémoire de l’Holocauste, acte fondateur du retour du religieux? 

3.            Archéologie des violences modernes: les guerres de religion en Europe 

Besoin du religieux, religions instituées et systèmes de pouvoir

Les déchirements de la chrétienté européenne

L’oubli des violences anglaises (1534-1668)

Le long siècle des guerres de religion (1517-1648)

Les longs siècles de l’inquisition (XIIe siècle au XVIIe siècle) : l’institutionnalisation du délit d’opinion

La fermeture du temps eschatologique religieux et l’ouverture du temps révolutionnaire 

4.         La modernité comme crise de la culture et de l’autorité 

La crise inachevée de la refondation de l’Occident

La crise des philosophies de l’Histoire

La « guerre civile » européenne et ses retombées universelles

La guerre des mythologies et des contre-mythologies

La place du nazisme et de l’Holocauste dans la vision occidentale du monde 

5.         La double crise religieuse et politique dans les sociétés monothéistes contemporaines

L’usage politique du religieux, traductionde la crise d’autorité dans les sociétés monothéistes

La dynamique historique complexe des affrontements entre les trois monothéismes et au sein de chacun d’eux

Le protestantisme, ou le religieux dans la société et non au-dessus

La crise fondamentaliste de l’islam est celle de sa faible institutionnalisation

L’expression fondamentaliste islamique, miroir de la géopolitique et des échecs du développement

Instrumentalisations et manipulations de l’islamisme

La spécificité du monothéisme juif

Un bilan des convulsions monothéistes 

6       De la guerre et de la paix au xxi’ siècle

Civilisation et culture dans l’ordre international

Le modèle civilisationnel du XXIe siècle

Fonctions du discours américain sur le terrorisme

Alliance ou guerre des civilisations 

Conclusion. - Vers un pacte laïque international?

Résister à l’instrumentalisation de la religion et à la fabrication de nationalismes civilisationnels

Droit international, cosmopolitisme et multiculturalisme

Pour un espace de respiration républicaine

Réhabiliter l’État, source de citoyenneté

Une « refondation » du monde?

Par Michel Servet
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