L'histoire de France, comme celle de l'Europe, est une longue suite de conflits, souvent motivés par la recherche du pouvoir, des richesses, de la puissance. Français, nous avons successivement appris que nos ennemis héréditaires étaient les Anglais, puis les Allemands, et maintenant on voudrait nous faire croire que ce sont les musulmans. Et comme il y en a en France, on renoue avec le concept d'ennemi intérieur, qui succède aux juifs et aux communistes.
Le problème, c'est qu'il faut commencer par réécrire l'histoire. Dans son livre « la Bataille de Bouvines », Georges Duby a montré comment le même événement a été interprété successivement sous l'angle des conflits franco-anglais ou franco-allemands.
Voici ce que dit Maurice Vidal (numéro 84 du 14 avril 2009)
Poitiers a son minaret ! Peu importe sa hauteur ou sa forme : l’essentiel est dans le symbole – car l’Histoire est symbole – et le symbole, en l’occurrence, est on ne peut plus fort !
C’est à Poitiers, en effet, qu’en 732 Charles Martel a mis un terme à l’invasion de notre pays par les musulmans. Cette victoire militaire, dont le retentissement fut immédiat tant du côté des vainqueurs que du côté des vaincus, allait devenir, à partir du XVIème siècle, l’emblème de la lutte de l’Europe chrétienne face aux conquêtes musulmanes. La lutte n’a donc jamais cessé – comme le prouvent Vienne assiégée par les Turcs en 1529 et en 1683, la défaite de la flotte ottomane à la bataille de Lépante en 1571, ou l’expédition de 1798 conduite par Bonaparte en Égypte. C’est d’ailleurs l’expulsion, trois ans plus tard, des troupes françaises d’Egypte par les Anglais et les Ottomans qui centra la communauté musulmane sur la place qu’elle entendait occuper dans le monde, et dont nous voyons aujourd’hui les visées planétaires.
Poitiers :
Je cite l'Encyclopedia Universalis :
Le 25 octobre 732, les troupes du gouverneur omeyyade de Cordoue, 'Abd al-Rahmān al-Ghā fiqī, venues vraisemblablement faire du butin, sont défaites, près de Poitiers, par l'armée dirigée par le maire du palais Charles Martel. Les textes arabes appellent cette bataille Balāt al-Shuhadā' (« chaussée des martyrs »), en référence à la chaussée romaine près de laquelle la bataille aurait eu lieu (à proximité de l'actuelle Moussais-la-Bataille). Le gouverneur omeyyade est tué et les Arabes profitent de la nuit pour se replier en bon ordre. Cette défaite marque le terme de l'expansion musulmane médiévale en Occident et a d'importantes conséquences. En répondant à l'appel à l'aide du duc Eudes d'Aquitaine, Charles Martel a profité de l'avancée des troupes arabo-musulmanes pour intervenir dans une région qui refusait de se soumettre à son autorité. Fort de sa victoire, Charles s'empare de Bordeaux, intervient dans la vallée du Rhône et en Provence, où il soumet le patrice Mauronte (737), allié des musulmans. Ainsi, la victoire de Poitiers entraîne non pas le départ définitif des musulmans, comme en témoigne l'échec du siège de Narbonne, dirigée par un gouverneur omeyyade jusqu'en 759, mais l'intervention systématique des Francs, seuls capables de s'opposer à eux.
En clair, si l'issue de la bataille avait été différente, Poitiers et d'autres villes auraient subi un pillage en règle, les musulmans, loin de leurs bases, auraient sans doute retraversé les Pyrénées, les princes aquitains auraient pu continuer plus longtemps leur résistance à l'hégémonie franque.
Lépante : La cause de cette bataille navale est la conquête de l'île de Chypre, possession vénitienne, par les Ottomans. La raison de la conquête n'était pas vraiment religieuse : le sultan Selim II, Selim l'ivrogne, s'intéressait surtout aux vignes chypriotes !!
Et en 1571, la coalition anti-ottomane comprenait essentiellement les Vénitiens, les États des Habsbourg et la Papauté. La France était alliée des Ottomans, contre l'ennemi commun autrichien, comme ce dernier était allié à la Perse safavide et chiite contre les Ottomans.
En 1573, les Vénitiens admettent la conquête de Chypre et font la paix avec les Ottomans, moyennant le droit de commercer avec eux.
Et en 1683 comme en 1529, les Turcs sont alliés aux Français ! Un peu de patriotisme, Monsieur Vidal !!
Bonaparte en Égypte : Maurice Vidal ne remarque même pas qu'il se tire une balle dans le pied : c'est une coalition anglo-ottomane qui chasse les Français d'Égypte, commandés par le général Menou, converti à l'islam !!. Que je sache, les Anglais ne sont pas musulmans, et Bonaparte était allé en Égypte pour « couper la route des Indes » et il commençant par flatter la population égyptienne en affirmant son respect pour l'islam.
On pourrait aussi citer la guerre de Crimée (1853-1856) où Anglais, Français et Turcs sont allés contre les Russes !!
Alors, les choses sont beaucoup plus complexes et le texte de Maurice Vidal apparaît pour ce qu'il est : un texte de propagande !!
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